Aux Grands Hommes la reconnaissance de la nation : Daniel Ndoundou, le « symbole du réveil spirituel » dans l’église au Congo

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Influencé par la foi sa mère, le jeune Daniel a choisi de suivre Jésus Christ et est baptisé le 6 juin 1923 à la station missionnaire de Kingoyi, à l’âge de 12 ans. Daniel Ndoundou était un instrument remarquable entre les mains de Dieu pour amener beaucoup de congolais à la foi en Christ. Bien que n’ayant pas fait d’études théologiques supérieures, le pasteur Daniel Ndoundou était un homme selon le cœur de Dieu. Il s’endormit dans le seigneur le 6 janvier 1986 en France. Cet homme de Dieu a légué un impressionnant héritage spirituel aux églises du Christ au Congo.

Sa biographie 

Daniel Ndoundou est né le 11 mai 1911 à Kinzamba, dans la région de Madingou (située dans à la frontière entre le Congo et la RDC).

Il a commencé ses études à l’école primaire catholique de Kimbeza (Zaïre, actuelle RDC)  de 1922 à 1925 pour ensuite les  continuer de 1925 à 1929 à l’école primaire catholique de Kingoyi(Congo). Il travailla ensuite comme contrôleur de train sur la ligne de chemin de fer Matadi-Kinshasa(RDC) pour payer ses études. De 1929 à 1930,  Daniel  étudie à l’école biblique de Mukimbungu au Zaïre.

En 1931, alors qu’il était âgé de vingt ans, Daniel Ndoundou reçoit l’appel de Dieu. Il fut convaincu par le saint esprit d’abandonner son travail de contrôleur de train et de repartir dans sa région natale pour servir son Seigneur. Il commence  à travailler comme enseignant de la Bible avec la mission Evangélique suédoise de Ngouedi, allant de village en village et enseignant la foi chrétienne. A cette époque de sa vie, Daniel commence à  avoir des rêves et des visions dans lesquels Dieu lui demandait d’évangéliser son peuple. L’une de ses visions importantes eut lieu le 05 novembre 1931. Daniel vit une multitude de personne répondant au son d’une cloche venant du ciel. Puis, les personnes furent divisées en deux groupes : ceux qui étaient « purs » et ceux étaient « impures »

Son parcours

Le réveil spirituel de Daniel Ndoundou était influencé par le réveil zaïrois de 1921 avec Simon Kimbangu, réveil qui s’est répandu au Congo entre 1922 et 1939. Daniel priait  avec ferveur afin que Dieu lui accorde de la sagesse et le prépare pour la tâche qu’il avait reçue dans sa vision. De 1933 à 1935, Daniel Ndoundou étudia au séminaire de Ngouédi. De 1941 à 1943, il repart au Zaïre pour terminer sa formation théologique au séminaire théologique de Kimpese. En juin 1945, il est ordonné pasteur de l’église évangélique du Congo à Dolisie.

En 1947, le mouvement charismatique zaïrois traversait une période difficile, notamment avec l’emprisonnement de son leader Simon Kimbangu. Durant la même année, la mission évangélique suédoise faisait face aux conflits sociaux  entre missionnaires étrangers et chrétien congolais, ce qui devint une cause de sécheresse spirituelle pour un temps. Par conséquent, les séminaristes congolais et les missionnaires suédois se mirent à prier pour un réveil spirituel. Le 19 janvier 1947 ; Dieu répandit son réveil spirituel au séminaire de     Ngouédi, après la fervente prière de l’étudiant Raymond Buana Kibongui qui fut touché par le passage de Jean 3 v. 16 sur lequel prêcha le pasteur suédois John Magnusson. Après la prédication Buana Kibongui et un autre homme offrirent à Dieu une prière extatique. Sa prière fut suivie par une repentance sincère de la part de beaucoup d’étudiants : il y eut la confession des péchés, l’abandon des fétiches et l’expérience de la paix et de la joie qui sont le résultat d’une relation personnelle avec Dieu. L’année où  ces événements se passaient au séminaire de Ngouédi,  Ndoundou servait comme pasteur dans sa région.

Le réveil spirituel qui avait commencé à Ngouédi, se répandit  dans d’autres paroisses de la mission évangélique suédoise, à travers le Congo. Afin de prévenir une mauvaise utilisation des dons spirituels, le conseil synodal choisit Daniel Ndoundou et Raymond Buana Kibongui pour diriger le réveil spirituel. Ndoundou devient très vite le leader le plus proéminent du réveil.

Son héritage

A partir de 1948, Daniel Ndoundou et trois autres (André Pandzou, Marie Yengo et Veronique Nsodé) s’engagent à temps plein dans le mouvement de réveil. Ndoundou et son équipe avaient fait de Loutété et Ngouédi leur base de travail. Les gens venaient des différentes régions du Congo et du Zaïre pour obtenir de l’aide sur le plan physique, social, matériel et spirituel. Ils voyageaient à pied, par train ou par autobus. Daniel Ndoundou avait acquis une réputation de grand serviteur de Dieu, rempli du Saint Esprit. Il avait particulièrement le don de savoir prendre soin des gens concernant leurs besoins spirituels et humains. Il exerçait en particulier le don de prophétie, de guérison, de prédication et de langues. En 1948, par exemple, Milandou Simone, paralysée des deux jambes, fut guérie après que le pasteur Ndoundou a prié pour elle. Il avait aussi un don spécial par lequel il pouvait pénétrer les pensées les plus secrètes d’une personne.

Ndoundou qui cherchait sans cesse les âmes perdues pour le royaume de Dieu, prêchait  presque dans toutes les régions du Congo. Pendant ces retraites spirituelles, les enfants et les jeunes étaient inclus, car il y avait des sessions spéciales pour eux. Il était l’âme du mouvement de réveil au Congo français (Congo-Brazzaville), son amour pour Christ et pour les personnes créées  à l’image de Dieu le poussait à de grands sacrifices. D’après plusieurs témoignages, Daniel Ndoundou recevait chaque personne avec le même respect, sans discrimination de sexe, de groupe ethnique, d’âges ou de statut social, il écoutait patiemment  les doléances, priait et encourageait ses visiteurs à travers la parole de Dieu. Il prêchait toujours l’unité parmi les chrétiens venant de différents groupes ethniques, ce qui lui a valu le surnom de Vukamakanda(l’unificateur des tribus).

En 1955, Ndoundou a reçu dans une vision l’ordre divin d’organiser une grande conférence pour l’édification spirituel  à Kinzamba (son lieu de naissance) à laquelle tous les chrétiens protestants du Congo seraient invités. La réunion fut un grand succès. A partir de cette année,  il organise la même conférence chaque deux ans.

Daniel Ndoundou avait une vision claire de la situation de son pays. Il priait pour l’indépendance du Congo et pour une église congolaise indépendante qui continuerait à collaborer avec les missionnaires et les églises suédoises. Il encouragea l’agriculture et l’élevage parmi les chrétiens congolais afin de les préparer à assumer leurs responsabilités pour la future église indépendante.

Ndoundou établit des slogans pour aider l’église à saisir la vision. Par exemple, il utilisait le slogan« sala-sambila, sambila-sala » (travail-prie,prie-travail) pour encourager les chrétiens à réaliser leur autonomie financière et matérielle et « sikama, siama tatamana ,ndungunu »(réveille-toi, sois-ferme, persévère, victoire) pour le réveil spirituel chaque fois qu’il prenait la parole, Ndoundou prononçait à haute voix le premier mot du slogan et l’église scandait le reste. En 1960 il est nommé  pasteur évangéliste national de l’église évangélique du Congo. Il assume cette fonction jusqu’à sa retraite en 1984. 

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