Dave Mafoula et les étudiants échangent sur  les défis et les perspectives de la jeunesse congolaise

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Dave Mafoula

Le président du parti « les souverainistes », Dave Uphrem Mafoula s’est livré à un exerce de questions réponses, le 14 mai dernier,  face aux étudiants pour discuter des défis et perspectives de la jeunesse congolaise. 

Des étudiants

 Parmi les sujets importants abordés : le système éducatif congolais, le dysfonctionnement de la constitution, la démocratie, le dossier FIGA, l’image de l’opposition, le phénomène LGBT (lesbiennes, gais, bisexuel, transgenre).

Sur le plan politique, Dave a relevé un dysfonctionnement de la constitution, une démocratie de riches. Il a fustigé le fait que l’on veuille faire « un semblant » d’intégrer les jeunes dans la gestion de la cité. «Quand vous regardez la constitution, on a donné l’impression de donner aux jeunes d’être des acteurs politiques. L’article 132 de la constitution permet à un jeune de 18 ans de se présenter aux législatives avec pour caution un 1.500.000 FCFA. Qui à 18 ans peut avoir cette somme, si ce n’est fils ou fille d’un homme bien placé de ce pays ? Comment vouloir faire avancer la jeunesse en les bloquants sur l’autonomie financière ?»,S’est il interrogé.  

D’après lui, le système éducatif congolais ne permet pas à un jeune congolais de 18 ans de comprendre la démarche démocratique du pays, comprendre réellement ce c’est que les institutions du pays. 

Refusant de ne pratiquer que la politique de simple dénonciation, il propose en contrepartie de revoir cette loi pour permettre à chaque jeune qui a des idées d’avancer dans ce monde politique. « Il faut donner les moyens à la jeunesse d’avancer et ça commence dès l’école pour qu’elle soit le lieu où chacun aura sa chance », a-t-il déclaré.

Sur le système éducatif, après avoir constaté la diminution croissante  du nombre de filles  dans les différents cycles scolaires. Il a observé qu’après 18 ans, la jeune fille congolaise a des difficultés de terminer ses études et fini dans un foyer.  Pour  que l’école donne la chance à chaque enfant, il propose  « la création d’une bourse d’excellence pour les jeunes filles à partir de la 4ème. Car une élève brillante qui en plus est boursière, retardera le processus d’engagement envers les  garçons ». Nous avons des difficultés à créer des emplois. Que l’on régisse le système éducatif congolais par rapport à nos besoins, et aller de l’important à l’essentiel.  On devrait «ramener les langues nationales, enseigner la culture entrepreneuriale, le leadership, depuis le collège. Ainsi, un enfant qui arrive au lycée a des notions de ce c’est que l’entreprise, et une fois qu’il a ses moyens avec la connaissance, il peut créer une entreprise». 

A propos de l’image de l’opposition congolaise, l’ancien candidat à la présidentielle de 2021, dit qu’elle est à redorer. « L’opposition aujourd’hui ne joue plus son rôle. Elle veut s’appréhender à ce que fait le pouvoir. Or, l’opposition doit être un contrepouvoir…si elle ne marche pas dans notre pays, c’est parce que la majorité de ces acteurs politiques ont du mal à s’imposer, car il est très difficile de combattre celui qui était hier son ami, en plus des bienfaits ou des alliances créés par les mariages…», a-t-il souligné. 

En parlant de la démocratie au Congo, l’opposant « audacieux et loyal » se sent frustré et se dit mal à l’aise sur la scène politique. « Je me suis présenté deux fois aux législatives et j’ai gagné. J’ai battu Mokemo en 2017 à Loukolela, mais le système a fait en sorte qu’il soit là. Et ce genre de démocratie, je ne l’accepte pas. Perdre ce n’est toujours mauvais… en 2022 je suis allé à Mossaka, et là encore le dysfonctionnement total de notre démocratie a encore frappé. La démocratie fait avancer le pays. Aujourd’hui si on pouvait laisser ceux qui ont réellement gagné de siéger, ce serait bénéfique pour le pays et le modèle que nous pouvons laisser à la jeunesse». Par ailleurs, il a reconnu son échec à la présidentielle  en 2021. 

Intervenant sur le dossier FIGA,  Dave Mafoula s’est indigné de la gestion de ce scandale par le pouvoir en place. « Le FIGA était une belle idée parce qu’il permettait aux jeunes de bénéficier des crédits dans les banques…lorsque le nom d’un ministre est cité dans une affaire, c’est l’image de tout un gouvernement qui est salie. A la place du président de la République ou du Premier ministre, j’aurais mis de côté Mikolo ou elle allait démissionner d’elle-même. Je vois qu’on a tout fait, les gens ont manœuvré pour faire disparaitre l’affaire du FIGA. On couvre l’impunité. La grandeur d’un homme politique c’est de faire asseoir un collaborateur lâché par le peuple».  

Le Congo de demain il faut le préparer,  dit-il, il faut lutter  pour son avenir.  « Vous qui êtes jeunes, que personne ne vous dise que vous ne pouvez pas, ne vous sous-estimez pas, et surtout n’acceptez pas que les autres vous disent que vous êtes incapables. La capacité commence par la volonté, si on a la volonté on est capable… vous êtes l’avenir de demain et chacun doit travailler durement pour changer ce pays », va-t-il conclure. 

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