LES DEFIS DU NOUVEAU GOUVERNEMENT EN ATTENTE

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Il est de coutume de présenter la démission de son gouvernement au lendemain de la présidentielle ou des législatives à la faveur d’une nouvelle législature et d’une majorité présidentielle renouvelée. Ainsi, le premier ministre congolais Clément Mouamba a démissionné ce mercredi 5 mai avec son équipe gouvernementale, près de trois semaines après l’investiture du président Denis Sassou N’Guesso pour un quatrième mandat.

En effet, dans un communiqué annoncé sur Télé Congo et Radio Congo, signé par Florent Ntsiba, directeur de cabinet du chef de l’Etat, il était précisé que Clément Mouamba a remis sa démission ainsi que celle de son gouvernement au président de la République Denis Sassou N’Guesso et, qu’il a demandé aux membres du gouvernement d’expédier les affaires courantes jusqu’à la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale.

« La démission a été acceptée par le président de la République qui a adressé ses remerciements à l’ensemble des ministres pour le travail accompli durant cinq années de collaboration » pouvait-on lire.

Il faut surtout souligner que cette démission était très attendue depuis l’investiture du président de la République, il y a près d’un mois déjà. Le gouvernement congolais poursuivait son rythme sans aucun acte de la part du président pour restreindre l’action d’un gouvernement qui devrait être démissionnaire depuis un moment. D’ailleurs, certains membres du gouvernement se lassaient déjà de cette impasse. Plusieurs avaient même fait preuve de délassement total dans leurs activités gouvernementales.

Ce comportement, avait d’ailleurs poussé Clément Mouamba à reprocher ses ministres lors de la dernière réunion de cabinet.

« Mesdames et messieurs les ministres, restez ces femmes et ces hommes de devoir, rompus à la tâche, jusqu’à la passation de consignes avec votre successeur, si jamais, vous êtes débarqués, ou que vous êtes appelés à animer un autre département ministériel », avait-il dit avant de rappeler un relâchement de leur part alors qu’ils sont encore investis dans leur mission. « C’est trahir la confiance que le président de la République et le premier ministre avaient initialement placé en vous. C’est à tout le moins, annihiler vos chances d’être reconduits ».

Économiste, cadre de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), originaire de la Lékoumou, Clément Mouamba, 77 ans,  avait été nommé premier ministre en 2016 pour diriger un gouvernement de tous les espoirs pour les congolais autour de la rupture avec les maux qui rangent les citoyens congolais et vivre une République nouvelle.

Les défis du nouveau gouvernement

Force est de constater que malgré tous ces efforts, le futur Premier ministre congolais et son gouvernement auront plusieurs défis à relever, notamment dans le domaine de la lutte contre la corruption, le tribalisme, le phénomène bébés noirs, le chômage des jeunes, les violations de liberté et des droits humains, et de l’amélioration des conditions d’accès à l’eau et à l’électricité dont le phénomène de délestage devient répétitif.

Le président nommera un nouveau Premier ministre dans les jours à venir qui devrait aussi et surtout résoudre le problème de grève qui se propage çà et là. Car actuellement, la question de la régularisation des salaires des employés dans certains secteurs et le payement des pensions sont au cœur des revendications.

En effet, les employés du Centre Hospitalier de Brazzaville par exemple accusent cinq (5) mois de salaire impayés. Après tous les recours entrepris, l’intersyndicale à bout de stratégie a convoqué pour le 7mai à 10h, l’assemblée générale du corps professionnel et a invité à caractère obligatoire, tous les travailleurs d’y prendre place. La ministre de la santé et de la population Jacqueline Lydia Mikolo avait été interpellée dans une lettre signée par les syndicalistes et la direction générale de régler d’urgence cette situation. Ne constatant aucun changement, ces derniers sont passés à l’autre étape : la grève. Mais, ils attendent toujours l’intervention de la ministre de tutelle  malgré que le Directeur général Denis Bernard Raiche ait demandé aux agents de ne pas se lancer dans le mouvement de grève dans un communiqué de presse.

 Les employés du secteur médical sur l’étendue du territoire national ne cessent  de décrier cette situation d’irrégularité sur les payements de salaire.

Le futur gouvernement aura aussi la charge de prendre des mesures visant à satisfaire l’intérêt de ces agents de santé à travers tout le pays.

Le même son de cloche qui résonne du côté des retraités. En effet, dans le but de se faire entendre, les bureaux exécutifs nationaux de la Coordination Nationale des Associations des fonctionnaires et Assimilés Retraités Affilées à la Caisse de Retraite des Fonctionnaires (CNAFARA/CRF), en communion avec  l’Union pour la Défense des Intérêts des Retraités (UDR/CRF)  ont lancé un avis de sit-in à compter du lundi  10 mai à 8 heures devant la Primature. Ceci intervient après le préavis de sit-in du 26 avril 2021.

Au-delà des cas cités, plusieurs avis de grèves sont souvent lancés et observés sur l’étendue du territoire national, par d’autres telles que : la grève des enseignants prestataires et bénévoles, les manifestations des étudiants congolais, les manifestations des expropriés  non indemnisés de Kintélé, les anciens agents de l’ONPT, etc.

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