Pascal Tsaty Mabiala : « le même gouvernement qui a plongé le pays dans cet abaissement moral plus ou moins généralisé peut-il incarner le changement qu’il propose au travers des promesses insidieuses ? »

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Quel est le coût du programme d’actions du gouvernement ? Comment ce gouvernement compte t-il le financer et en combien de temps ? Telles sont les questions que se posent les congolais en général et l’UPADS en particulier après la présentation du PAG par le Premier ministre  Anatole Collinet Makosso, le 21 juin dernier.

Devant l’Assemblée Nationale, le Premier ministre avait présenté sa feuille de route au travers d’un programme d’actions qui prévoit d’engager le Congo dans un champ de 12 batailles que le gouvernement entend remporter durant ce quinquennat.

Cependant, les méthodes ou stratégies à aborder, la limite en temps de certaines batailles, les sources de financements et le coût, n’ont pas été  développées, ce qui pousse quelques hommes de la classe politique et le congolais lambda à être réservés par rapport à la réussite dudit programme. 

Réunie en conférence face aux chevaliers de la plume et du micro, le 29 juin 2021, l’Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADS) par la voix de son premier secrétaire, Pascal Tsaty Mabiala, a scrupuleusement analysé ce programme qui, pour eux, paraît comme un programme d’urgence qui tente de rattraper les gâchées.  

Voulant apporter sa pierre à l’édifice, l’UPADS comme tous les congolais s’est interrogé sur l’origine des ressources financières et le montant prévu pour financer ce programme. Serait-ce sur fonds propres ou sur emprunt ? 

« Dans un pays quasiment en cessation de paiement qui est à la recherche d’argent frais et où il n’existe pas d’épargne nationale privée, tous les milliardaires réels ou supposés placent leur fortune à l’extérieur dans les paradis fiscaux à l’abri de tout bruit. En plus, surendetté avec environ 96% du PIB, qui prendrait le risque ? Quant aux partenaires bilatéraux et multilatéraux, ils attendent impatiemment la conclusion d’un programme avec le FMI que le Congo refuse d’exécuter», s’est-il insurgé. 

En outre, s’attaquant à ces 12 douze travaux d’Hercules, Pascal Tsaty Mabiala  a disséqué 10 des 12 en se basant sur leur impact sur la vie des citoyens, entre autres : la santé, les retraités, l’éducation et la jeunesse, la dette congolaise, l’économie et les finances. 

La santé, ce secteur dont se plaint la population sur la qualité des services et des infrastructures , l’UPADS pense bien que l’ambition première du gouvernement soit sûrement bonne, il est inutile d’engager des investissements malavisés pour la construction des 12 nouveaux hôpitaux généraux qui en plus seront équipés, gérés et entretenus alors que les tous premiers sont dans un état délabré et abandonné. 

Sur la situation des retraités, ce parti rejette la thèse selon laquelle ce problème est lié au budget. Pour lui, une réforme est nécessaire pour relancer cet établissement et lui garantir une pérennité fonctionnelle. « En vérité, il faut réformer notre système et qui ne s’appuie que sur le vieux mécanisme fondé sur la solidarité et qui ne fonctionne normalement qu’en temps de plein emploi ou lorsque l’Etat providence assure la couverture des déficits par le biais des subventions ». 

S’agissant de la construction d’une Université à Pointe-Noire, bien que cette ville le mérite, mais, « dans une conjoncture aussi morose, nous ne comprenons pas cette tendance du gouvernement à investir dans du neuf plutôt que de réhabiliter et d’augmenter les capacités d’accueil de l’existant. Peut-on conclure que le président Sassou ignore l’état lamentable de l’Université Marien Ngouabi où les étudiants doivent se lever à 5h du matin pour espérer avoir une place dans l’amphithéâtre et où il, n’existe pratiquement plus de laboratoires scientifiques dignes de ce nom ? »

La dette publique, l’économie et les finances n’ont pas été épargnées. La dette congolaise est depuis longtemps restée élevée et demeure insoutenable. La réalisation des chantiers de la municipalisation accélérée et d’autres infrastructures figurent parmi les causes d’endettement du Congo. Alors que dans la même période, le pays a engagé des profits colossaux en matière de recettes pétrolières. Où est donc parti l’argent du pétrole de ces exercices budgétaires ? s’est-il interrogé. 

Outre ces problèmes  précités, Pascal Tsaty Mabiala a également réagi sur la gouvernance, le droit de grève, la démocratie, la lutte contre la corruption, l’opposition et l’inclusion. 

Par ailleurs, en dépit de ces critiques, l’UPADS accorde au Premier ministre le bénéfice du doute et attend voir le concret et les changements tant annoncés. 

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